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Articles · Tissu économique · 05.11.2026 · L'équipe FULLCNC

Frontaliers : dans l'Arc jurassien, l'effet amortisseur ne se voit pas dans les chiffres

À Neuchâtel, l'emploi du secondaire recule de 1,9 %, les frontaliers du secondaire de 0,2 %. L'idée qu'ils partent les premiers quand l'industrie ralentit n'apparaît pas dans les données publiées.

Quand l'horlogerie ralentit, on entend souvent que les frontaliers trinquent d'abord. Nous avons confronté cette idée aux derniers chiffres publiés. Ils ne la confirment pas, sans pour autant la réfuter.

Une Suisse qui monte, un Arc qui stagne

Fin juin 2026, la Suisse comptait 414'262 frontaliers, 1,3 % de plus qu'un an plus tôt. La hausse est inégale : +2,8 % dans la région lémanique, +1,8 % dans l'Espace Mittelland, mais -1,5 % à Zurich, -1,2 % en Suisse orientale et -0,6 % au Tessin.

Dans l'Arc, le mouvement est faible et orienté à la baisse. Neuchâtel compte 16'243 frontaliers fin juin 2026, soit 0,4 % de moins en un an, après un recul de 1,3 % l'année précédente. Le canton du Jura en comptait 11'648 fin décembre 2025, soit 0,6 % de moins sur un an. C'est le dernier chiffre jurassien que nous ayons trouvé.

Le test neuchâtelois

La comparaison la plus utile se fait à Neuchâtel, seul canton où nous avons les deux séries. Au premier trimestre 2026, l'emploi du secteur secondaire recule de 1,9 %. Au deuxième trimestre, les frontaliers du secondaire reculent de 0,2 %, et ceux du tertiaire de 0,8 %.

Si les frontaliers servaient d'amortisseur, leur nombre devrait chuter plus vite que l'emploi total de l'industrie. Ce n'est pas ce qu'on lit ici.

Trois réserves s'imposent. Les deux séries ne portent pas sur le même trimestre. Elles donnent des soldes, pas des licenciements individuels : un frontalier peut être remplacé par un autre. Et un seul canton ne fait pas une règle. La tendance n'est donc pas prouvée, ni dans un sens ni dans l'autre.

Qui ils sont, dans le Jura

Le canton du Jura donne le détail du profil. Le secteur secondaire occupe 53,5 % des frontaliers, le tertiaire 45,6 %. La fabrication de produits informatiques et électroniques et l'horlogerie, comptées ensemble, en emploient 19,5 %. Le commerce suit avec 13,1 %, la santé avec 10,2 %.

La géographie est très resserrée : 43,9 % travaillent dans le district de Porrentruy, 40,7 % dans celui de Delémont. Depuis 2023, le canton note un recul de 1,62 %, après la hausse qui a suivi le Covid.

Une part d'environ un sur cinq dans l'électronique et l'horlogerie, cela veut dire que le creux des commandes touche aussi l'autre côté de la frontière. Mais une branche sur cinq n'est pas toute l'économie frontalière : la santé et le commerce pèsent ensemble davantage.

Ce que ça change pour toi

Patron, ne compte ni sur une vague de candidats français libérés par la crise, ni sur leur départ : sur la dernière année, les chiffres de l'Arc ont bougé de moins d'un point. Frontalier dans l'industrie, regarde le carnet de ton atelier plutôt que la moyenne cantonale : elle ne dit rien de ton poste.

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